Pétition du collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

 

A Cressensac-Sarrazac, une méga-centrale photovoltaïque sur terres forestières et agricoles de 24 ha exploitée par Photosol (groupe RUBIS) est déjà en fonctionnement depuis 2014.

Aujourd’hui, c’est un projet  de centrale agrivoltaïque de 7,5 ha sur élevage ovin,  porté par la multinationale allemande EnergieKontor qui est en cours d’instruction par les services de la préfecture du Lot depuis le 23 février 2026 !

Le projet est situé au lieu-dit Le Colombier à proximité du château de Tersac, au sein d’une trame verte (corridor de biodiversité) établie par le Plan d’aménagement et de développement durable de la Communauté de communes CAUVALDOR, en bordure d’un chemin de randonnée.

Et ce n’est pas tout !

3 autres projets d’installation photovoltaïque sur sols vivants sont en marche sur la commune :

  • Au sud de l’aéroport Brive-Vallée-de-la-Dordogne, une zone de 45 ha, propriété du Syndicat mixte de l’aéroport, a été classée en zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUI-H. Un projet de centrale photovoltaïque sur sol naturel est à l’étude par le groupe Générale du Solaire.
  • Sur une ancienne aire de repos de la D820 en grande partie boisée, un projet de 3 ha est étudié par Leencoop.
  • Au lieu-dit Pech Montat, une autorisation a été délivrée à Solarvia (filiale du groupe Vinci) pour une centrale de 0,8 ha sur une prairie.

STOP ! Cressensac-Sarrazac ne doit pas être sacrifié pour les intérêts privés des industriels du photovoltaïque ! Leurs projets menacent terres agricoles, paysages et biodiversité.

Qu’il s’agisse du Lot où de la Corrèze, les projets se multiplient et la pression de développeurs met durement à l’épreuve la population locale. Derrière la promesse d’une transition énergétique, nous dénonçons le concept d’agrivoltaïsme, outil marketing visant à légitimer l’opportunisme financier de l’industrie solaire au détriment du vivant et aux dépens du monde paysan en difficulté.

Le collectif citoyen Stop Agrivoltaïque Cressensac a lancé une pétition contre le projet agrivoltaïque du Colombier et pour alerter la population et les élus sur l’accaparement des terres agricoles, naturelles et forestières par l’industrie photovoltaïque.

LIEN VERS LA PETITION

En signant cette pétition :

  • Vous ne vous vous opposez pas aux panneaux photovoltaïques sur les zones artificialisées (toitures, parkings, friches industrielles…).
  • Vous vous opposez à l’artificialisation des terres agricoles au détriment de la souveraineté alimentaire.
  • Vous plaidez pour que les terres agricoles se maintiennent au service d’une agriculture nourricière durable. En effet, la terre est avant tout un bien commun et un titre de propriété engage une responsabilité, celle d’en prendre soin pour les générations futures.
  • Vous défendez la biodiversité et la protection des espaces naturels qui contribuent à l’atténuation du changement climatique.
  • Vous vous opposez à une nouvelle « mer noire » sur les pâturages de la commune, à la dépréciation immobilière des biens alentours et au préjudice en matière de tourisme.
  • Vous contribuez à préserver le site naturel du lieu-dit Le Colombier, le cadre de vie des habitants du village, les paysages et l’environnement.

Pour contacter le collectif citoyen: info@stop-agrivolt-cressensac

Se rendre sur le site du collectif ICI

 

Festival Printemps Photorévolté les 12, 13 et 14 juin à Cajarc (Lot)

Pour mettre en lumière la colonisation des terres par l’industrie photovoltaïque, ouvrir un vrai débat sur nos besoins et nos choix énergétiques d’aujourd’hui, construire la résistance et ouvrir d’autres perspectives, plusieurs associations et collectifs s’associent pour organiser un évènement national 

Trois jours d’échanges, de réflexions, d’organisation, de découvertes et de fête pour construire un vrai projet de société, collectif, joyeux et vivant !

Organisé par : Coordination Nationale Photorévoltée, Confédération Paysanne Lot et Occitanie, Association Environnementale Lot-Célé (AELC), Stop Agrivoltaïque Cressensac, Causse Nature et Avenir, Libraithèque – le Droit à la Paresse, Librairie La Chamade, Sous les panneaux la rage et Vigilance OGM 46. 

AU PROGRAMME

* VENDREDI 12 JUIN *

SOIRÉE D’OUVERTURE

A partir de 18h

Apéro-concert suivi de la projection documentaire de «L’ombre des miroirs» création originale d’Isabelle Haelvoët

Documentaire dédié aux luttes contre les centrales photovoltaïques sur les terres agricoles et forestières. Suivit d’un débat.

* SAMEDI 13 JUIN *

 de 9h à 12h

 // AG INTER-LUTTES //

 

*ET DU VENDREDI SOIR AU DIMANCHE *

/// TABLES-RONDES ET RENCONTRES ///

 * Agriculture paysanne : luttes passées, présentes et futures *

Avec la participation de Laurence Marandola (ex-porte-parole nationale de la Confédération Paysanne), Christian Roqueirol et Sébastien Persec (Confédération Paysanne) et Jean-Philippe Martin (historien)

* Lutte contre les centrales photovoltaïques sur sols vivants *

Avec la participation de Sylvie Bitterlin et Clément Osé (co-auteurs du livre Les marchands de soleil, Elzéard Lure en résistance), Laurence Marandola,Loïc Santiago (Coordination Nationale Photorévoltée). Accompagnée d’extraits du livre de Laurine Roux, Le test Elzéard édité chez Julliard.

* Agriculture sous tension : l’omerta française. Élevage, centrales photovoltaïques et électromagnétisme *

Avec la participation de François Dufour (co-fondateur d’ATTAC), Nathalie Barbe (journaliste) et Jean-Claude Olivier (agriculteur).

* Soirée autour de l’écoféminisme : origines et avenirs *

Intervention de David Dufresne. Présentation de son livre Remember Fesseinheim. Enquête intime sur Françoise d’Eaubonne, pionnière écoféministe et impossible grand-mère.

Suivie de la projection de « Ni les femmes ni la terre », de Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy, et d’un temps d’échanges avec Josie Riffaud (Commission femmes de la Confédération paysanne et ex-déléguée européenne au Comité de coordination de Via Campesina), et Sarah Bellini (boulangère, membre du collectif « travailleuses de la terre » en Aveyron), parlant de leur expérience concrète et de leur rapport à l’ecoféminisme.

* Débat citoyen, Énergie : la démocratie en question *

Animé par Pierre Dufour (Confédération Paysanne du Lot), Caroline Erhardt (Stop agrivoltaïque Cressensac, GADEL) et Philippe Revel (Confédération Paysanne de la Corrèze). Avec le témoignage de Philippe Mompart (lotois membre de la convention citoyenne pour le climat) et en présence du Syndicat de la Montagne Limousine et de Cœur de Corrèze (Réseau Centrales Villageoises).

* Rencontre  Wild project, maison d’édition consacrée à l’écologie *

Avec la participation de Georgia Froman (éditrice et traductrice américaine). Extraits d’ouvrages lus par des comédien.ne.s.

* S’opposer au photovoltaïque destructeur de forêts – argumentaires et stratégies de lutte *

Avec la participation de Pierrot Pantel (juriste écologue de l’Association nationale pour la Biodiversité), Sylvie Bitterlin (Elzéard Lure en résistance), Eric Castex (gestionnaire forestier dans les Landes, animateur de l’association Alterlandes), Yann Clément (technicien forestier, membre de Forêts en Vie et du Réseau pour les Alternatives Forestières), Jacques Descarques (ancien secrétaire général de l’ONF, Forêts Vivantes Pyrénées, SOS Forêt national), Harold Benazet (Ecureuil, GNSA)

* Rencontre avec Catherine Zambon, autrice du livre Si j’étais un arbre *

L’autrice interviendra également auprès des élèves du Collège de Cajarc en amont du festival

//// PROJECTIONS-DÉBATS ////

* Entre écume et nuage d’Olivier Marin, avec la voix de François Morel

Entre la mer et les vastes étendues sauvages du nord, une faune emblématique disparue de la région au siècle dernier s’est réinstallée : le faucon pèlerin est revenu sur le fief de son ennemi ancestral, le grand corbeau (tout public et familial)

* L’usage du Monde, voyage entre nature et culture d’Agnès Fouilleux

Documentaire montrant la nécessité de transformer notre relation au vivant : sortir du rapport de domination pour faire de celui-ci un allié.

Et des projections documentaires en continu tout au long du week-end :

Vies non renouvelables, Nature ou misère de Francisco J. Vaquero

Femmes des terres, réalisé par 6 étudiant.e.s d’Agro Montpellier

Pas res nos arresta, collectif Amassada

La porte ouverte, d’Olivier Marin.

///// CONCERTS /////

John Peter Goodnight (Ritournelles intemporelles)

Roméo Boccara (Chanson française)

Swing Forty Six (Jazz manouche)

BLYND (Soul Pop)

Seyni & Yeliba (Yankadi Reggae from Guinéa)

Quo Vaï Bulhir (Rock alternatif)

DJ NI

Bal Trad’ et initiation chants et danses avec Gròlas

La Fanfare la Granja

La Chorale de la Rugissante

///// SPECTACLES /////

Cie CLAAP – La Tête dans le cube, volet #1 : incubation (Théâtre satirique)

Cie de l’Hyppoféroce – Rêves d’une poule ridicule (Marionnettes)

Cie L’Agit – Nous étions debout mais nous ne le savions pas (Théâtre d’intervention)

Cie Jupon – De l’Air ! (Cirque)

Strass belle cie – La Chambre 423 (Théâtre burlesque)

Arlette et Riri, clowns sociaux

///// LE CARNAVAL DU VIVANT /////

Manifestation carnavalesque accompagnée par

des chants, danses, percussions et…

la Chorale explosive de la Rugissante !

Venez costumé.es, masqué.es, sur le thème de la nature et du vivant !

//// VILLAGE ASSOCIATIF ET MARCHÉ ARTISANAL ////

Un village regroupant associations, collectifs et artisans prendra place devant l’ancienne gare. Défense de l’environnement, luttes écologistes, alternatives, artisanat original…

Venez  y découvrir une multitude d’initiatives !

Animations tout au long du week-end sur place : ateliers, musique, clowns…

Et aussi…

Des ateliers pour petits et grands

et des expositions !

Les jours et horaires détaillés dans le programme bientôt édité

Ciné-débat ATTAC 46 le 22 MAI à Souillac

Le documentaire de Raoul Peck, « Orwell 2+2=5 » est au programme du prochain ciné-débat ATTAC 46, le 22 mai à 20h au cinéma le Paris à Souillac. Un film passionnant qui revisite l’œuvre majeure de l’auteur de « 1984 » à l’aulne de notre présent.

« Orwell 2+2=5 » : le dernier projet de Raoul Peck explore la vie et surtout la pensée d’un George Orwell précurseur au regard des enjeux actuels d’information et de vérité ou encore de surveillance sociale que véhicule le dévoiement du discours politique et médiatique. Présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section Cannes Première, Orwell : 2+2=5 est sorti le 25 février 2026.

Liste des projets photovoltaïques sur sol vivant sur le territoire de CAUVALDOR

Le groupe cartographie du Réseau des Résistances et Alternatives Lotois (RRAL), a identifié tous les projets de centrales photovoltaïques au sol sur le département du Lot en s’appuyant sur les données de la préfecture, visualisez la carte ICI.

A partir de ces travaux, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a recensé tous les projets de centrales photovoltaïques sur terres naturelles, agricoles et forestières sur le territoire de CAUVALDOR. Nous relayons ci-dessous le résultat de ce recensement.

Les projets sont répartis selon leur stade d’avancement: les parcs qui sont déjà en fonctionnement, les projets autorisés (ayant déjà obtenus le permis de construire), les projets en instruction (dont la demande permis à été déposée), les projets à l’étude (le développeur est en contact avec les services de la DDT de la préfecture).

Classement par statut des projets photovoltaïques sur sols naturels sur CAUVALDOR

2ème édition de la « Faites du vélo » à Souillac le 9 mai

Le collectif Partageons la Route 46-24 organise une deuxième édition de Fête/Faites du vélo le 09 mai à Souillac.

Collectif citoyen joyeux et déterminé qui agit dans le Lot et la Dordogne. Nous sommes des parents, des cyclistes, des piétons, des riverains. Bref, des gens qui rêvent d’une cohabitation plus harmonieuse sur nos routes !

Le collectif vous invite à partager un moment convivial et à échanger sur la mobilité douce.

Balade à vélo la matin à partir de 10h30. Deux circuits vous seront proposés.

Repas partagé et animations l’après midi.

Contact : 07 85 32 53 45

https://partageonslaroute-46-24-2d6a86.gitlab.io/

Samedi 2 mai à Chartrier-Ferrière: une journée d’animation par le tiers-lieu Les Agité·es du local de l’Oasis des Âges

Un samedi par moi, les bénévoles du tiers-lieu Les Agité·es du local à l’Oasis des Âges vous proposent des rencontres et ateliers en journée et une soirée repas maison, avec une animation !

Au programme de ce samedi 2 mai:

De 9 à12h, Atelier de l’espoir:

Les Ateliers de l’espoir sont des ateliers d’intelligence collective de 3h, pour prendre du recul, et surtout pour aider à identifier des réponses pertinentes et à la hauteur des enjeux.

Qu’est-ce que le fascisme ? Qu’est-ce qu’une démocratie ? Que pouvons nous faire pour la défendre face à la montée du fascisme ? L’espoir est possible ! De nombreuses luttes historiques ont prouvé que rien n’était inéluctable. De nombreuses structures montrent aujourd’hui la voie d’un renouveau démocratique.

De 14 à 18h, Atelier Repair’café:

A partir de 19h30, Les Agité·es du local tiennent le comptoir:

Tous les renseignements pratiques sur le site de l’Oasis des Âges : https://oasisdesages.fr/
Oasis des Âges
Les Âges, 5 chemin des Potz, 19600 Chartrier-Ferrière

Nos interrogations après la première réunion publique de la liste « Tous unis pour Gignac »

Le vendredi 20 février s’est déroulée à Gignac, la première réunion publique de l’unique liste de candidats aux élections municipales sur la commune. Une situation qui interroge: comment faire vivre notre démocratie locale quand les électeurs n’ont pas le choix entre deux listes ?

Gignac n’est pas un cas isolé: plus de deux tiers des communes françaises n’ont qu’une seule liste en compétition aux élections municipales de 2026. Pour Martial Foucault, politologue et professeur et à Sciences Po, cela représente un risque pour le pluralisme démocratique. Ce n’est pas le sujet central de ce papier mais cela soulève une question: à force de gouverner en cercle fermé sans solliciter la participation citoyenne, n’est-il pas logique que les citoyens perdent le goût de la chose publique et s’éloignent de la vie politique de leur commune ?

La première réunion publique de « Tous unis pour Gignac » a permis aux candidats de se présenter, de dresser un bilan des réalisations du mandat qui s’achève et une brève présentation des projets. Le deuxième temps a été consacré aux questions du public.

Quelles réponses au sujet du photovoltaïque au sol ?

Nous sommes restés dubitatifs face aux réponses apportées à nos questions par le conseiller communautaire, François Moinet. Rappelons le contexte: CAUVALDOR a défini sa politique en matière d’installations photovoltaïques au sol à travers des outils réglementaires comme sa Charte Solaire Photovoltaïque ou son PLUIH. Ces règlements ont été approuvés par le vote de l’ensemble des conseillers communautaires.

Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac qui est opposé aux centrales photovoltaïques sur sols naturel, agricole et forestier et favorable aux installations sur sol artificiel, toitures, parkings (voir l’article ICI) a rappelé lors de cette réunion que la Charte de CAUVALDOR approuve les installations jusqu’à 20 ha (au lieu de 8 ha dans le Figacois) et que le nouveau PLUIH a institué 717 ha de zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable). Inquiet face à la pression des industriels sur les terres agricoles et à la déferlante des projets photovoltaïques dans les espaces naturels sur la communauté de commune, le collectif a interpellé François Moinet à ce sujet. La réponse de celui-ci a été: « Après le projet de Viroulou et celui de l’aéroport, il n’y aura pas d’autre projet sur le territoire de Cauvaldor ». Notons au passage que le projet de Viroulou a une emprise de 51 ha et que celui de l’aéroport s’inscrit dans une zone Ner de 45 ha. Bien que la surface de la future centrale de l’aéroport ne soit pas encore connue, dans les deux cas, la limite de 20 ha fixée par la Charte semble largement dépassée.

Quid des projets autorisés, en instruction ou à l’étude ?

Cette réponse du conseiller communautaire,  nous amène à la réflexion suivante: pourquoi classer 717 ha en zone Ner si l’ambition de CAUVALDOR se résume à ces deux projets ?

A partir du travail de cartographie du RRAL à l’échelle départementale (voir carte des projets dans le Lot ICI), nous avons d’identifié (en plus des deux projets cités plus haut) 8 projets déjà autorisés, 10 projets en instruction (demande de permis de construire déjà déposée) et 12 projets à l’étude en concertation avec la DDT (sans compter les projets en prospection connus de celle-ci). Quant aux parcs déjà en fonctionnement, ils sont au nombre de 6. Parmi ces projets et installations, 227 ha se trouvent en zone Ner. Il reste donc 490 ha d’espaces naturels classés zone Ner donc dédiés à la production d’énergie renouvelable. Autrement dit les propos du conseiller communautaire qui se voulaient « rassurants » n’apparaissent en rien réalistes.

La liste « Tous Unis pour Gignac » a programmé une deuxième réunion publique le vendredi 13 mars à 20h30 en vue de détailler les projets pour les sept années à venir. A cette occasion, nous espérons obtenir des éclaircissements et compléments d’informations en matière de photovoltaïque au sol.

Retrouvez tous nos tableaux de recensement des projets ICI

Collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

L’autonomie alimentaire ou la faim de démocratie locale

Dans son 5ème rapport sur l’état des terres agricoles, « Terre de Liens » propose de comprendre pourquoi notre système alimentaire dysfonctionne, ce que cela implique pour nos vies quotidiennes, et surtout comment agir, ici et maintenant, pour une agriculture de proximité, nourricière et démocratique.

« Que voulons-nous dans nos assiettes ?

Des produits sains, accessibles, issus de fermes vivantes, qui respectent la terre, l’eau et celles et ceux qui la travaillent.

Pourtant, aujourd’hui, une grande partie de ce que nous mangeons ne se décide ni dans nos communes, ni dans nos territoires. Notre alimentation dépend d’un modèle agricole industriel tourné vers l’exportation, gourmand en pesticides, destructeur d’emplois paysans et incapable de nourrir correctement la population. »

Rappelons que « Terres de liens » est une fédération qui depuis plus de vingt ans agit aux côtés des territoires pour préserver les terres agricoles et permettre l’installation de paysannes et paysans engagés dans des pratiques respectueuses du vivant. Pour consulter leur site, c’est ICI

Pourquoi s’emparer de ce sujet aujourd’hui ?

A l’occasion des élections municipales, Terre de Liens par le biais de ce rapport, appelle les élus et élues locaux, les institutions nationales et l’ensemble des acteurs publics à reconnaître pleinement le rôle central des territoires et à leur donner les moyens d’agir.

Voici un extrait du rapport: « À contre-courant du modèle dominant, de nombreuses collectivités ont choisi d’agir en faveur d’une territorialisation du système alimentaire. Leur pari consiste à s’impliquer dans la pérennisation ou reconstruction de chaînes de production alimentaires, de la production agricole à la transformation, plus ancrées et tournées vers les besoins des territoires, de leurs acteurs économiques comme de leurs habitants. En travaillant à l’essor de ces filières, les élus locaux cherchent à répondre à différents enjeux du territoire, à la fois économiques (création d’emplois, dynamisme économique), environnementaux (préservation des ressources naturelles, de la biodiversité, construction des paysages) et socio-démocratiques (accessibilité alimentaire, santé, participation citoyenne). »

Faire face au désengagement de l’État

Les orientations nationales en matière d’alimentation manque de clarté, ce qui limite l’action au niveau local. L’écart entre les objectifs affichés par l’État et sa politique de l’alimentation durable mise en œuvre ne permet pas une réelle transition des systèmes alimentaires. Au cœur de cette politique alimentaire, le Projet Alimentaire Territorial (PAT) avec l’objectif de couvrir 80 % du territoire français d’ici 2030. Pourtant, dans le même temps, l’État réduit drastiquement les moyens pour ce dispositif. Cela n’empêche de nombreux territoires sensibilisés par le sujet de se saisir de ce dispositif à la hauteur de leurs moyens.

Une opportunité pour développer l’implication citoyenne 

Une réflexion partagée sur l’autonomie alimentaire est l’occasion de développer l’implication citoyenne à l’échelle d’un territoire. Mettre en place un Projet Alimentaire Territorial (PAT) est l’occasion d’associer les citoyens afin qu’ils se réapproprient la question de l’alimentation et deviennent force de propositions. Si le PAT peut-être un premier pas vers la réappropriation des enjeux liés à une agriculture durable, il ne doit pas se retourner contre les objectifs fixés. En effet, des travaux de recherche ont montré l’ambivalence de ces politiques au sein desquelles s’expriment de manière prépondérante les représentants du modèle agricole conventionnel qui souhaitent garder le contrôle sur les politiques alimentaires (représentants agricoles, chambres d’agricultures…). Ils agissent comme autant d’obstacles à l’accomplissement d’une transition agricole et alimentaire.

Des initiatives locales partout en France

Autre intérêt du rapport de Terre de Liens: il présente de nombreuses initiatives locales en France qui permettent d’orienter les terres agricoles vers des productions destinées à l’alimentation locale. Ces expérimentations, à tous les maillons de la chaîne alimentaire, apportent des solutions pour répondre aux enjeux actuels. D’autres exemples montre aussi comment, pour dépasser les limites de l’action locale, les territoires inventent de nouvelles formes de coopération entre territoires voisins et plus lointains, pour jouer des complémentarités et bénéficier de l’appui, des compétences et des moyens départementaux et régionaux. Grâce aux voix des collectivités qui commencent à se faire entendre, il sera possible de peser sur le cadre national et accélérer, enfin, la transition agroécologique et alimentaire.

Retrouver l’intégralité du rapport de Terres de Liens ICI

Intercommunalité: « La politique confisquée »

Après 10 ans d’observations auprès de plusieurs intercommunalités, Fabien Desage, maître de conférences en science politique à l’université de Lille 2 et David Guéranger, chercheur au Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés, ont fait les constats suivant :

  • Les intercommunalités fonctionnement à l’abri des regards des citoyens.

  • Les instances intercommunales sont des arènes feutrées, discrètes participant à la confiscation, à l’appauvrissement de la démocratie et de la participation des citoyens.

  • Il n’y aurait pas au sein de ces instances des contre-pouvoirs, tout est consensus, compromis en coulisses.

  • L’intercommunalité reste un « trou noir démocratique », c’est-à-dire un lieu restreint aux élus eux-mêmes, invisible de l’extérieur et dont rien ou presque ne s’échappe…..

  • Le maire en tant que conseiller communautaire engage sa commune sans avis préalable de son conseil municipal et s’en fait un domaine réservé.

  • La règle d’alignement est de mise. Les différends ne sont autorisés et sont neutralisés qu’en réunion de bureau avec une quasi obligation de trouver un consensus et surtout de ne pas faire savoir publiquement ces différends et ces arrangements.

  • Il est incongru (inconcevable) qu’un élu puisse s’opposer lors d’un conseil communautaire. Les votes sont quasiment unanimes. Le conseil communautaire a pour rôle principal d’entériner les décisions prises en amont.

L’analyse des résultats de cette longue enquête a donné lieu à un ouvrage « La politique confisquée, Sociologie des réformes et des institutions» aux éditions du Croquant.

Bien que les communautés de communes, d’agglomération ou urbaines couvrent aujourd’hui la quasi-totalité du territoire national et concernent plus de 90% de la population française, Fabien Desage et David Guéranger montrent qu’elles demeurent des objets politiques méconnus de la majorité des citoyens. Ce décalage entre des institutions sans cesse plus nombreuses, plus importantes, et leur faible appropriation démocratique, fonde l’hypothèse centrale de leur ouvrage : celle d’un objet politique doublement confisqué.

Confisquée, l’intercommunalité l’est d’abord en raison de son fonctionnement politique singulier, marqué par des « consensus » inter-partisans établis à l’abri des regards des citoyens et des élus municipaux. Confisquée, l’intercommunalité l’est ensuite au nom de sa technicité présumée, un argument qui puise dans les discours des acteurs politiques eux-mêmes et que valident ses « experts » patentés. Elle se trouve ainsi érigée en objet à part, domaine réservé de quelques-uns. Le présent ouvrage montre les mécanismes qui soustrait l’intercommunalité à tout espace public de délibération. Il insiste sur les nombreuses conséquences politiques et sociales pour les territoires concernés des choix et des non-choix intercommunaux.

A travers leur ouvrage, Fabien Desage et David Guéranger. souhaitent lever le voile sur les institutions intercommunales et fournir des outils pour les investir politiquement.